J’avais envie d’écrire, j’avais une ligne dans la tête, et puis une fois la ligne déposée sur papier, elle s’est isolée, rien à rajouter, elle avait envie de rester seule, alors je l’ai laissée là et je vais recommencer autre chose. Parce que moi j’ai envie de bâtir des lignes qui jouent ensemble longtemps! Des lignes qui s’entrecroisent, qui voyagent ensemble, des lignes qui changent de couleurs de temps en temps, des lignes qui se pointillent, qui soulignent et qui montrent la direction à suivre. Et vous, elles sont comment vos lignes?

Les lignes de ma vie ressemblent à un électrocardiogramme, non pas que mon humeur monte et descend sans arrêt, quoique ça arrive parfois, mais je les vois plutôt comme l’énergie qui anime mes projets et mes passions. Lorsque je découvre un nouveau passe-temps, un nouveau sujet, j’y plonge à fond, j’en parle à tout le monde, je contamine les gens autour de moi, jusqu’à ce que ça me sorte par les oreilles, alors là, la ligne redescend, mais pas trop longtemps! Parfois, souvent, elle n’a pas le temps de redescendre que déjà j’ai trouvé autre chose. C’est plus fort que moi, c’est un besoin viscéral d’en apprendre toujours plus sur tout, et lorsque j’arrive à le maîtriser, il n’y a plus de défis, alors je saute sur un autre sujet et revoilà de nouveaux défis. Malgré tout, il y a quelques lignes qui arrivent à tenir la route dans ma vie, la nature, la création, le contact humain, ce sont mes pierres angulaires, et puis j’écris depuis tout ce temps, j’écris dans l’inconnu, j’écris pour sortir ce que j’ai en dedans, j’écris pour immortaliser l’humain, depuis toujours je le garde juste pour moi, mais dernièrement j’ai décidé de le laisser s’envoler et voilà que ce blogue est né. Dans les prochains mois, j’ai des projets d’écriture avec des personnes âgées, un beau projet pour nous enraciner un peu plus et réduire la distance entre les générations. En parallèle, j’écris mes contes, pour adultes, oui pour adultes, parce qu’ils en ont besoin. On a trop utilisé de javellisant et malheureusement, trop de gens se sont décolorés, alors je veux tenter des les colorier un peu. En réunissant les gens, dans le moment présent, pour voyager dans l’temps et vivre quelques émotions en passant. Je suis une apprentie conteuse, mais j’adore, j’aime qu’on se raconte et puis, qui sait peut-être qu’un jour je serai sur scène avec Fred Pellerin, ce serait intéressant non? Le yin et le yang du conte, un homme et une femme, même métier, mais deux perspectives.

La semaine dernière, je suis allée à une soirée de conte, en fait à deux! Mais à la deuxième, le troisième conteur n’a pas pu se présenter, alors ça a un peu changé la perspective de la soirée. C’était une soirée de contes mi-autochtones et mi-kébékoise pour fêter le solstice d’hiver. Après que les deux premiers aient raconté, il restait de la place… mon voisin de chaise me lance « faut saisir la chance quand elle passe! », il avait bien raison! Alors, ce soir-là j’ai conté! Ce n’était pas un gros public, mais c’était un bon public! Je suis contente d’avoir eu l’occasion de me pratiquer et à chaque fois, ça devient de plus en plus facile. Au solstice d’hiver en plus, pour moi, c’est comme une transition entre deux cycles, j’ai fait beaucoup de changements dans la dernière année afin de mettre en place les éléments pour vivre de ce qui me passionne. Sans joke, j’aurais pu continuer longtemps à parler des lignes de ma vie, je pourrais en faire tout un chapitre! Mais bon, il est temps que je retourne écrire mes contes si je veux aboutir!

En tout cas, je vous en souhaite de belles lignes pour la nouvelle année, je vous en souhaite des colorées, solides, entourées et éclatées. Écrivez-moi donc ce qu’elles auront l’air vos lignes, après tout, on est là pour jaser !!!

Christian Beauséjour Maguas- Loup Dansant, il est Abénaki, danseur et conteur…
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8 réponses pour “Les lignes de ma vie”

  • Je crois que les lignes de ma vie ressemblerait à des éclaires. Elles s’éparpillent, touchant les gens et les choses au passage toujours avec énergie et passion. Après avoir illuminé les astres la noirceur reprend sa place et ces lignes sont oubliées sauf pour ces quelques petites étincelles laissées derrière là où l’éclair est retourné à la terre…

  • Tes lignes m’inspirent un petit essai que voici.

    Mince, longue, courte ou de vie, continue ou brisée, la ligne est un concept fascinant. Abstraction simple pour l’esprit, facile à concevoir et qui pourtant, ne représente rien de bien concret lorsque l’on porte notre attention aux détails. Facile à tracer, elle est rassurante. Quoiqu’il est bien difficile de ne pas la rendre floue par une observation soutenue. Stérile mais guidante, elle devient tuteur des pensées fertiles et bouillonantes. Délimitante, elle évite d’amplifier les divergences. Sa droiture ne résiste pourtant pas à la gravité qui la courbe et parfois même lui coupe son horizon infinie et la transforme en boucle, en cycle. Elle est absente de l’infiniment petit aussi bien que de l’infiniment grand, espace des courbes qui ondulent dans tout ce qu’il y a de non-linéaire.
    Pourtant, toute courbe, vue de très près, a tout l’air d’une ligne. À l’opposé, si on regarde la ligne d’encore plus près, on en perd toute continuité et on tombe dans un amas granulaire. Si on abuse dans cette poursuite, on a même la chance de tomber à nouveau sur une ligne. Au final, la ligne est-elle un cas particulier d’une entité plus complexe ? Un arc de cercle centré à l’infini auquel on aurait décidé d’assigner un nom afin d’en simplifier l’assimilation. Est-elle le point d’entrée nécessaire aux esprits curieux qui essaient de formaliser la complexité du monde qui les entoure ? Ou sinon la ligne serait-elle le concept le plus fondamental, s’exprimant dans des dimensions supérieures donnant une fausse impression de courbure ? Qu’à cela ne tienne, à notre échelle la ligne est définitivement incontournable.
    Y-a-t-il encore quelqu’un sur la ligne ?

    • Je verrais très bien ton essai en version dessin animé, c’est tout un portrait de société au final, quoiqu’encore plus grand. J’abonde dans le sens que c’est probablement un arc de cercle à l’infini, après tout, même l’horizon que l’on croit droit à première vue, en est finalement un arc de cercle géant. L’humain a inventé la ligne droite, pour le contrôle, la sécurité, mais cherchez une vraie de vraie ligne droite dans la nature et vous chercherez longtemps! Merci pour ton commentaire 🙂

  • Mes lignes sont en perpétuelles Mouvement. Enfaite, les lignes , si elles sont droites, me rendent folle!
    Moi, je les danserai mes lignes , car mon vocabulaire est plus riche en mouvement qu’en paroles….
    C’est beau ce que tu écris mon amie. Merci d’etre Toi!

    • Tes lignes battent le mouvement de ton coeur qui est grand ouvert et dansent parfois la chamaille ou souvent en douceur comme les aléas de l’eau d’une rivière. Go wtih the flow, tu me disais 😉 Merci d’être là!

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