J’ai réussi !!! J’avais perdu le feu, j’avais beau essayer et essayer, il ne revenait plus. Presque sept mois sans réussir et cette semaine, dans les rayons du soleil, il est revenu. C’est tellement gratifiant! Quelle fierté! On prend le feu pour acquis avec nos allumettes et « lighter », mais sans ces objets et sans connaître les techniques primitives, on se retrouve bien vulnérable.

Je grandis à chaque fois que je réussis et je n’ai que trop de respect pour nos prédécesseurs qui devaient impérativement réussir à l’allumer pour survivre, pour vivre! Puis eux c’était dans des conditions bien plus difficiles que le confort de ma cuisine!

J’ai retrouvé le feu! J’suis tellement contente! Toute une leçon d’humilité, si je ne fais pas ce que j’ai à faire, et bien je pourrais le perdre encore… Avant même de réussir à le faire, ça m’a pris des années de pratique, certains y arrivent du premier coup, mais ce n’est pas le lot de tout le monde. Il faut le vivre, le sentiment incroyable de fierté quand on réussit pour la première fois, c’est indescriptible, venez aux formations des Primitifs et vous verrez!

Il y a même quelques faits cocasses dans le vidéo, preuve que ce n’était pas « stagé » ! J’étais tellement convaincue de ne pas réussir, que je ne m’étais pas soucié du côté pratique, ou pas, de mon habillement entre autre…

 

À l’été 2013, je me suis séparée du père des enfants avec qui j’ai été en couple 13 ans, je l’avais rencontré à 16 ans, mon premier amour. Je n’avais donc jamais vécu seule, j’avais beaucoup à apprendre de qui j’étais, seule, de qu’est-ce que j’étais capable de faire par moi-même et où étaient mes limites. La confiance en moi était à bâtir, j’étais gênée, avec des troubles de honte et culpabilité toxique, sans compter les troubles d’anxiété. L’été dernier, je suis tombée sur une photo de l’époque, j’ai eu un choc! C’était la preuve que le mental a une influence directe sur le physique, je ne peux pas croire que c’est moi, ça n’a juste tellement pas de sens, j’étais si éteinte, la posture affaissée et tout le reste…

Ayant toujours été passionnée par l’histoire et la compréhension du mode de vie de nos prédécesseurs, je trouvais fort dommage que les techniques ancestrales se perdent faute d’être utilisées. Vous me direz peut-être « Pourquoi vouloir les préserver si on en a plus besoin avec la technologie », en fait, c’est par intérêt, par reconnaissance et puis pour l’indépendance. Je trouve absolument incroyable tout ce que les gens arrivaient à faire avant l’arrivée des technologies modernes, il y a du mérite à tresser un panier de A à Z, de fabriquer ses propres outils plutôt que de les acheter, de se nourrir dans la nature, de se loger, se vêtir. On prend ça pour acquis, mais ça n’a pas toujours été aussi simple, quand on compare, ça nous fait apprécier juste un peu plus encore.

Alors, toujours est-il qu’au printemps 2014, j’ai profité de la fête de mon frère pour l’inviter à aller suivre un cours de survie en forêt. Mon frère est un passionné d’histoire et de nature aussi, c’est de famille, ça nous vient de nos racines bien ancrées sur deux continents. Guillaume Arsenault dans les oreilles, nous nous sommes rendus à l’ancienne pisciculture de St-Faustin-Lac-Carré, sans trop savoir ce qui nous attendait, sans savoir quel genre de monde il y aurait. Est-ce que ça allait être des genres de « Red neck », des espèces de « Freak » survivalistes, des chasseurs? Le groupe était d’une quarantaine de personnes parmi lesquelles j’ai développé des amitiés fortes qui font encore partie de ma vie, j’y aurai trouvé des gens vrais, qui connaissent des tas de choses dans des domaines variés capables de tenir des conversations soutenues, des archéologues, des ingénieurs, des massothérapeutes, des gens de la finance, des bohèmes, des gens de tous les horizons…

C’était le vendredi soir, les instructeurs n’allaient arriver que pendant la nuit, on avait monté nos tentes, un peu timides, Boréale rousse à la main, avec mon frère et sa copine, on est allé faire connaissance. Quoi de mieux que de partir un feu pour réchauffer les liens! La première qu’on a croisée, c’est Danielle, elle y était pour la première fois aussi. Avec ses grands yeux bleus tirés du ciel, son sourire, ses boucles dorées et son besoin viscéral de faire le feu et de l’alimenter, c’est resté pour moi « Danielle la pyromane », une amie précieuse. J’me souviens d’Étienne qui avait tant de misère avec son poêle à copeaux qui ne fonctionnait tellement pas! Et puis, y’avait Gérald, le Gérald le Gal de l’émission que j’ai suivie avec autant de cœur que si ça avait été un téléroman, Coureur des bois, j’attendais chaque semaine avec impatience pour entendre Fred Pellerin et voir ce qu’allaient nous présenter Gérald et Ariane qui ont aussi fondé Gourmet Sauvage. Gérald nous parlait de permaculture, d’aventures avec les Autochtones, de respect, d’humains et surtout, de plantes indigènes comestibles. Pour ceux qui me connaissent, vous savez maintenant pourquoi je vous casse les oreilles tout le temps avec les plantes indigènes (ou naturalisées) comestibles, c’est à cause de lui!

Ce qui m’a accroché, c’est également le fait de pouvoir jouer dans le bois, en marge des sentiers, l’odeur du mycélium, de l’humus, des feuilles mortes plein les bras pour construire un abri. Le grand air le matin, jour, nuit et encore le jour… Pour finalement partir, le cœur gros de quitter cet endroit, ces gens, ce mode de vie, le deuil de retourner dans un horaire de vie écrasant avec des gens éteints. La tête remplie de rire, de nouveaux amis, mes limites à chaque fois un peu plus repoussées. J’ai grandi, tellement grandit depuis ce printemps 2014 et ça se reflète sur tous les pans de ma vie, même en affaires. Auparavant, il m’arrivait de perdre un peu de mes moyens devant des gens en position d’autorité ou d’un statut social plus valorisé, aujourd’hui c’est différent, j’me dis « Toi et moi, dans l’bois avec rien… ben j’te clenche, fak tu m’fais pas peur! ».

On s’y voit bientôt, j’espère! En attendant, je vous mets quelques liens, dont une entrevue de Dominic Paradis, des Primitifs , réalisée cette semaine par Médium Large à Radio-Canada.

EP 7 – Guillaume Arsenault-Je pars au combat from jac gautreau on Vimeo. Pour voir l’intégrale de l’épisode, visitez le www.lejacshow.com à partir du 13 mars ou allez-y maintenant pour découvrir les épisodes 1-6.

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