La route était absente, perdue dans des millions d’étoiles qui tombent attirées par la gravité, le tout baignant dans une alternance de clarté presque solaire et une noirceur profonde. Je conduisais, lentement, hypnotisée par les mouvements des flocons. On aurait dit des bancs de poissons changeant subrepticement de direction. J’avançais, je regardais ces perles venir vers moi, oubliant la route incertaine qui continuait de défiler, devant moi, autour, en dessous, je ne sais plus, tout était confus. L’impression de deux vitesses, des flocons à deux vitesses, certains rapides, impressionnants, plus gros aussi et d’autres fins, telle une poussière qui prend son temps, le temps de créer un épais brouillard. Le temps à deux vitesses, et moi entre les deux.

Avez-vous eu dernièrement cette impression? De ne plus savoir où l’on va, ou bien de le savoir, mais de ne pas savoir comment si rendre. Me semble que j’ai la chanson « Le bruit des origines » d’Okoumé dans la tête tout d’un coup! C’est le moment c’est l’heure, de retrouver nos racines

C’est un peu ce que je vis de vis depuis l’automne, les derniers mois ont été admirablement remplis de nombreuses activités de réseautage de belles rencontres toutes plus spéciales l’une et l’autre. J’avance, débroussaillant ma direction avec une idée en tête qui se précise à mesure que la route se présente sous mes pieds, mais justement avec ce brouillard, difficile de voir d’avance. Pourtant, j’ai confiance, pleinement confiance que là où je m’en vais sera tout adapté pour moi. Alors j’avance en essayant de ne pas trop me laisser envahir par mes peurs, mais parfois la nuit, elles surgissent sans que je ne les aie vus arriver… pour être chassées aussitôt, parce que ce qui me motive, c’est que j’en ai assez de la vie à la course, à étouffer sous les tâches à faire dans de si petits laps de temps. De ne pas avoir le temps de créer, parce que pour créer faut prendre le temps de s’arrêter, de faire le vide et puis de remplir avec des images, des sons, des émotions. J’en ai assez du presse citron, d’effleurer sans jamais pouvoir m’imprégner. J’en ai assez du monde jetable dans lequel on vit, vous m’direz « on peut pas l’changer », vous me traiterez d’utopiste, mais je préfère avoir essayé que de me dire j’aurais dont dû. Ceux qui me connaissent le savent, je suis une touche à tout, alors plus que difficile de choisir un emploi tout fait selon le moule, un moule qui convient à plusieurs, mais dans lequel je me sens contrainte, je ne veux pas d’un carcan, je ne veux pas d’une hyperspécialisation et de n’être utile qu’à cette matière.  J’admire les Michel-Ange, les Léonard, les Copernic et tous ceux que j’oublie de nommer, j’admire les connaissances qu’ils avaient sur de si nombreux sujets, à ma petite échelle, c’est un peu ce que j’essaie de faire, je suis peut-être démodée, mais je m’assume! Alors, ne vous surprenez pas de me croiser dans une formation, peu importe le sujet, tant que j’apprends, que ça se tient et qu’il y a des humains intéressants! Ne vous surprenez pas de me voir essayer de faire des « Handstand Pushup », de faire pousser des champignons ou d’essayer de faire du feu par friction, parce que je ne suis qu’une enfant sur un terrain de jeu. À défaut d’être Leonardo da Vinci (c’est ben mieux avec l’accent 😉 ), je serai Jessica Bertolacci (avec l’accent aussi ;p ), sans mécène, mais avec autant de plaisir!!!

Alors devant moi il y a les bijoux, les objets créatifs, les contes, les plantes sauvages comestibles, l’apprentissage des techniques autochtones, le projet des têtes blanches, un jour le verger village, un jour… et un tas d’autres flocons en chemin. Allez savoir comment je m’y rendrai, je n’en ai aucune idée, mais je serai là où je devrai être, avec les gens avec qui je devrai être. Considérez-le comme ma résolution! 😉 Et si on le changeait tout le monde en même temps? Et une toune de plume! (euh en fait… Une toune de plus!)

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4 réponses pour “Des flocons à deux vitesses”

  • C’est vrai que c’est spécial conduire la nuit quand il neige. Comme si on traversait un tunnel lumineux, intemporel… les yeux fixé sur ce torrent d’étoiles filantes qui nous suit et nous empêche de voir l’avenir.

    Tu n’es sûrement pas la seule «idéaliste démodée» de ce monde, je suis confiant que tout changement peut être fait si on y met du cœur. Les passionné contagieux savent trouver des gens avides de nouvelles découvertes avec qui partager et développer ces idées de changement. Tu as sûrement déjà un cercle de gens qui partagent tes points de vue =D

  • Nous sommes en plein soleil et subitement nous nous retrouvons dans la noirceur ,on se sent perdue .Nous savons qu,il y a une issus ont panique ,on cherche et la force en nous reprend le dessus et on avance ,Merci, Tu fais ce que j,ai décidé de faire  » pensée a moi » mais que je remet toujours a plus tard , Tu m inspire par ta force et ta personnalité,Tu es unique comme Léonardo DaVinci,continue ton chemin, pour laisser les autres la chance de te croiser.

    • Venant de toi ça me touche beaucoup Luisa, je suis sans mots! Et tes mots me rendent sans maux! 😉 2017 a été une solide tempête pour toi, la force et le courage c’est de famille tsé, toi aussi t’es forte et il faut juste rajouter des « possibles » dans ton histoire, alors si on en jasait autour d’un café? Texte-moi et on se donne rdv! 😀

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